Forging links between Rome and Athens

I reported the other day that the Holy Father would give links of the chain that bound St. Paul to the Orthodox Archbishop of Athens.

Here is the speech, so far in the French version (which is the language it was given in) of the Orthodox Archbishop, His Beatitude Christodoulos (my emphasis):

Alle ore 18 di oggi, nella Basilica di San Paolo fuori le Mura, viene consegnata a Sua Beatitudine Christodoulos, Arcivescovo di Atene e di tutta la Grecia, parte della Catena della prigionia di San Paolo, che si conserva nella Basilica dedicata all’Apostolo.

Il reliquiario in alabastro contenente due anelli della catena fu eseguito per disposizione di Papa Giovanni Paolo II di v.m., e viene consegnato al Primate della Chiesa Ortodossa di Grecia dal Card. Andrea Cordero Lanza di Montezemolo, Arciprete della Basilica, a nome del Santo Padre.

Questo il testo del discorso che Sua Beatitudine Christodoulos pronuncia nel corso della Celebrazione:

● DISCORSO DI SUA BEATITUDINE CHRISTODOULOS

«Chargé sept fois de chaînes, exilé, lapidé, devenu un héraut en Orient et en Occident, il a reçu la renommée éclatante que lui méritait sa foi. Après avoir enseigné la justice au monde entier et atteint les bornes de l’Occident, il rendit témoignage devant les gouvernants ; c’est ainsi qu’il quitta le monde et s’en alla au séjour de sainteté – illustre modèle de constance »1.

Ce passage est de saint Clément, évêque de Rome2 qui, selon saint Irénée, « avait vu les apôtres eux-mêmes et avait été en relations avec eux »3. Écrit trente ans après l’exécution de saint Paul dans ce lieu, il montre que son auteur a suivi les événements de près et résume magistralement la vie de l’Apôtre.

Avec mes compagnons de voyage, nous venons en pèlerinage dans ce lieu saint pour rendre hommage au héraut de l’évangile du Christ ; celui qui, plus que tout autre, a peiné et bravé les périls pour la gloire de notre Seigneur crucifié et ressuscité.

Devant nous se tient une figure et vie apostolique unique, enflammée de passion divine, submergée d’éclairs de la connaissance éclairée, éclatante de visions, telle que ses lettres divinement inspirées nous la révèlent. Dans les premières, il apparaît transporté au ciel, dynamique et concis. Dans les lettres écrites durant sa captivité, il est plutôt théologien et mystique, philosophant sur le plan de Dieu pour notre salut. Dans ses lettres pastorales, enfin, il s’avère le père spirituel pragmatique.

Nous évoquons avec une émotion sacrée, la scène, conservée par la tradition, concernant la décapitation de l’Apôtre un matin d’automne en 67. Mains liées, enchaîné pour avoir prêché l’évangile du Christ, tourné vers l’orient, regardant l’étoile du matin qui annonce la levée du soleil dans le firmament, regardant essentiellement le Soleil de justice, l’apôtre Paul adresse à haute voix sa dernière prière à Dieu. Il utilise le même langage sacré que le Ressuscité, lorsque du ciel il appelle à Son service Saoul égaré « ne respirant toujours que menaces et meurtres contre les disciples du Seigneur »4 aux abords de Damas5. Sa tête tombe par terre et son âme se lève au ciel. Sa bouche, qui n’a jamais dit un mot sans que celui-ci n’exhale au loin le doux parfum du Christ, s’est tue à jamais. Mais sa voix n’a pas été étouffée. Elle retentit encore aujourd’hui dans les textes divinement inspirés de ses lettres qui manifestent le parcours spirituel et la maturation de celui qui a été appelé le Premier après l’Un.

Nous vénérons aujourd’hui les chaînes dont Onésiphore n’a pas eu honte6. Non seulement nous les vénérons, mais nous en recevrons un fragment de vos mains, avec la bénédiction de Sa Sainteté le pape Benoît XVI. L’Église de Grèce reçoit ce fragment des chaînes de l’apôtre Paul, comme une relique très précieuse. Son peuple aimant Dieu, son pieux clergé, ses dignes moines et moniales l’accueilleront avec le dû recueillement et honneur.

Nous venons en humbles pèlerins dans ce lieu sacré associé au souvenir de l’apôtre Paul, fondateur de l’Église de Grèce. Nous en repartirons tenant avec ferveur entre les mains ce trésor sacré destiné à notre Église.

La Grèce tire fierté d’avoir l’apôtre Paul comme père spirituel et docteur, d’avoir été initiée par lui à la vérité de l’évangile, et pas seulement elle, mais l’Europe tout entière.

L’homme assis devant le métier à tisser à Éphèse et à Corinthe ou dans l’atmosphère étouffante de son cachot à Rome écrivant ses lettres inspirées, pouvait dire de lui-même :

Avec la lice du métier à tisser du Christ
je fabrique la robe du Dieu vivant7.

Si un homme pouvait se vanter d’avoir magistralement tissé le tapis spirituel de la civilisation européenne occidentale, en utilisant la trame divine, c’est-à-dire les principes évangéliques et les valeurs spirituelles, ce serait le fabricant de tentes de Tarse.

Sans nul doute, l’apôtre Paul appartient aux figures immenses et aux grands formateurs de l’Occident.

Ceux qui cherchent la grandeur personnelle, constateront qu’à lui seul, l’être humain ne possède pas de splendeur. Seule la noblesse de sa vocation et son dévouement à une mission surhumaine font de lui une personne vraiment grande.

C’est la grandeur de l’apôtre Paul. La fidélité à sa vocation : être chrétien et héraut de l’évangile, être martyr de Jésus Christ.

Conservant le legs spirituel de l’Apôtre, l’Église de Grèce gardera avec reconnaissance et vénérera la chaîne de l’envoyé de Jésus Christ.

C’est à juste titre que nous remercions Sa Sainteté de nous confier ce fragment de la chaîne précieuse de l’apôtre Paul. À notre tour, nous offrons sa sainte icône à cette belle église aux effluves byzantins et à ses gardiens, la pieuse communauté bénédictine à la vocation œcuménique. C’est l’antidoron de notre gratitude pour ce don et le souvenir de notre pèlerinage ici. Permettez-nous de saluer aussi cordialement l’archiprêtre de cette basilique patriarcale, Son Éminence le cardinal Andrea Cordero Lanza de Montezemolo.

Souhaitons que cette chaîne de l’apôtre Paul soit le lien infrangible unissant l’Orient et l’Occident par le lien de l’amour, ainsi que le monde entier « par le lien de la paix »8.

_____________________

1 In vincula septies conjectus, fugatus, lapidatus: et præco factus in Oriente ac Occidente, eximium fidei suæ decus accepit. Cum totum mundum docuisset, et ad Occidentis terminos venisset (59), ac sub principibus martyrium passus esset; sic e mundo migravit, et in locum sanctum abiit, patientiæ summum exemolar factus. Clément de Rome, Épître aux Corinthiens, 5, 6.
2
92-101 après J.-C.
3
Irénée de Lyon, Contre les hérésies, [Fragments], livre III, 3, 3, § 14.
4
Ac 6, 1.
5
Voir Ac 9, 3-9.
6
II Tm 1, 16.
7
Joseph Holzner, Paul de Tarse.
8
Ep
4, 3.

[01845-03.01] [Texte original: Français]

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About Fr. John Zuhlsdorf

Fr. Z is the guy who runs this blog. o{]:¬)
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4 Responses to Forging links between Rome and Athens

  1. “Ceux qui cherchent la grandeur personnelle, constateront qu’à lui seul, l’être humain ne possède pas de splendeur. Seule la noblesse de sa vocation et son dévouement à une mission surhumaine font de lui une personne vraiment grande.”

    I enjoyed that paragraph…very nicely put.

  2. Ben of the Bayou says:

    Father Zuhlsdorf,

    Please accept in advance my apologies for asking a question on the comments board. However, having gone to your “question box” I found it closed and, moreover, I did not find my quesiton in your FAQ selection. It has to do with translation. Could you perhaps give a good, quasi-literal translation of the Alma Redemptoris Mater? I have done the trans. myself, but found a few parts to be beyond my limited Latin skills. My gratitude and prayers for a Blessed Advent.

  3. Geoffrey says:

    I really need to learn French…

  4. Guy Power says:

    Regarding the documents — are those vellum? Any chance of getting a close-up shot of the
    illumination?

    Regarding the French translation: http://babelfish.altavista.com/
    Of course machine-translations are notoriously awkward; however, you can get the
    gist of the article. Here’s the last sentence:

    “…Let us wish that this chain of the Paul apostle be the infrangible bond linking
    the East and the Occident by the bond of the love, as well as the whole world “by the bond of peace”.